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Adapter son espace aux services

Vaccination à l’officine, quel impact sur l’aménagement ?

La première année de l’expérimentation de la vaccination antigrippale par les pharmaciens est désormais terminée. Le bilan, à ce stade, apparaît positif avec une participation importante des pharmaciens dans les deux régions pilotes (Nouvelle-Aquitaine et Auvergne-Rhône-Alpes). Bien qu’il soit trop tôt pour envisager une extension de l’expérimentation à toutes les régions de France, cette première étape réussie, ainsi que les résultats observés chez certains pays voisins, peuvent y laisser croire. Mieux vaut s’y préparer.

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Lancée officiellement le 6 octobre dernier, la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière a pu compter cette année sur 5 061 pharmaciens – nombre de pharmaciens formés dans les deux régions concernées en vue d’une participation à l’expérimentation (source CNOP) – venus grossir les rangs des professionnels de santé autorisés à vacciner. L’objectif de cette expérimentation, qui a fait couler beaucoup d’encre, étant bien évidemment d’améliorer la couverture vaccinale des Français afin de limiter les impacts sanitaires et socio-économiques du virus de la grippe. Une nouvelle mission qui impacte nécessairement l’aménagement et l’organisation de la pharmacie.

Que dit la législation?

L’arrêté du 10 mai 2017 précise les conditions techniques à respecter. La première étape indispensable consiste, bien sûr, en la validation d’une formation respectant les objectifs pédagogiques fixés par le législateur. D’un point de vue des équipements, vacciner implique de posséder, a minima,un espace de confidentialité clos, pour mener l’entretien préalable, une table, des chaises, un point d’eau pour le lavage des mains, une enceinte réfrigérée pour le stockage des vaccins et un poste informatique. Il est également indispensable de pouvoir éliminer les déchets d’activité de soins à risque infectieux produits conformément aux obligations en vigueur (articles R. 1335-1 et suivants du Code de la santé publique).

Et en pratique ? Retour d’expérience

Entretien avec Tifenn Faury, la pharmacie du Réolais (33)

« Lorsque nous avons réagencé notre pharmacie, il y a environ 5 ans, nous avons prévu un espace de confidentialité. Il nous a initialement servi pour l’orthopédie, puis pour la réalisation des entretiens AVK et asthme. Cet espace s’est également avéré pratique pour la vaccination, puisqu’il dispose d’un point d’eau. Au sein de notre officine, les quatre pharmaciens se sont formés et ont participé à l’expérimentation. Ceci nous a permis de vacciner les patients sans rendez-vous et quasiment sans attente. Chaque pharmacien ayant été sollicité pour une délivrance de vaccin proposait, dans la foulée, l’entretien préalable en vue de l’injection au patient.

D’octobre à aujourd’hui (29 janvier 2017),nous avons vacciné environ 150 patients,auxquels s’ajoutent une vingtaine de personnes qui n’étaient pas éligibles selon les critères de l’expérimentation. Nous avons été surpris de l’importance de la demande spontanée, de nombreux patients nous demandant directement si nous pouvions
les vacciner.

Les infirmiers de notre secteur n’ont pas exprimé de réticence. Nous ne vaccinons que les patients à qui nous avons délivré le vaccin et les contraintes du protocole leur laissent une grande place. Nous sommes plutôt complémentaires et contribuons à l’augmentation de la couverture vaccinale. Dans l’idéal, l’espace dédié à la vaccination doit disposer d’un point d’eau, d’une table, de chaises ou de fauteuils et d’un placard pour y stocker le matériel nécessaire (coton, alcool, pansements…) ainsi que les deux conteneurs pour l’élimination des déchets (DASRI et autres). Un placard qui ferme est important pour que l’endroit reste propre et net. La taille de l’espace doit également être suffisante pour permettre de vacciner des deux côtés en fonction de la latéralité du pharmacien ou de la présence de tatouages… Enfin, un poste informatique est souhaitable ».