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Transferts et regroupements

Un projet de A à Z

À Saint-Savinien, en Charente-Maritime, Aurélie et Alexandre Perrault ont choisi de fusionner leurs officines respectives en un site unique pour offrir aux Savinois un espace dédié à la santé, adapté aux nouvelles missions du pharmacien. Sous l’impulsion de la mairie, le projet prend de l’ampleur avec la création d’un lotissement où exerceront plusieurs corps de métiers de la santé.

Miniature de l'article

Aurélie et Alexandre Perrault sont les titulaires respectifs des deux pharmacies de Saint-Savinien-sur-Charente. En 2014, ils se sont lancés dans un projet ambitieux mais nécessaire, le transfert de leurs officines sur un site unique. Ce choix a inspiré la municipalité. Dans le sillon des pharmaciens, elle a décidé de doter la commune d’un véritable « village médical » où seront regroupés les professionnels de santé savinois.

Qui sont les titulaires ?

Diplômés respectivement en 2005 et 2006, Alexandre Perrault et son épouse Aurélie s’installent en 2007 à Laval. Ils acquièrent ensuite en avril 2011 la pharmacie du Centre, à Saint-Savinien-sur-Charente (17). Après trois années d’association, Aurélie Perrault quitte la pharmacie du Centre pour devenir titulaire de l’autre pharmacie savinoise, la pharmacie des Varennes. Les époux possèdent chacun des parts dans l’une et l’autre des SELARL, chaque titulaire étant majoritaire dans son officine.

Un long cheminement

« Dès notre arrivée en 2011, nous avons réaménager la pharmacie du Centre, pour agrandir l’espace d’accueil. Il fallait inverser les proportions front-office/back-office et réaliser un important travail de mise aux normes ». Le bâtiment où se trouve la pharmacie du Centre est ancien. « Après réagencement, la surface de vente est passée de 15 à 45 m2, en comptant l’espace orthopédie et l’espace de confidentialité ». Le sol et les murs ont été rénovés et, pour donner de la profondeur, les comptoirs ont été repoussés d’environ 2 mètres. Ce gain de place a permis aux titulaires de proposer de nouvelles gammes de produits, ainsi qu’un rayon libre accès. « En back-office, nous avions envisagé l’installation d’un robot, mais cela nécessitait d’engager des travaux de rénovation importants ». Finalement, les pharmaciens ont opté pour les colonnes tiroirs, en remplacement des épis.

Chronologie des événements

Août 2016 : dépôt du permis de construire de la pharmacie

Les pharmaciens ont été les premiers à déposer le permis de construire, au mois d’août 2016. « L’architecte a commencé à travailler sur les plans dès février 2016.
Il nous a fait plusieurs propositions, avec une estimation des coûts. Étant donné que le village est classé, les bâtiments de France sont intervenus et nous ont imposés un toit plat et un bâtiment cubique, sur le modèle du bureau de poste ». Le dossier de permis de construire est instruit par la communauté de communes. « C’est un parcours du combattant ! Il manquait deux pièces dans le dossier, ce qui a reporté le délai d’instruction fixé normalement à cinq mois. Nous devrions recevoir l’autorisation de permis de construire dans les semaines qui viennent » (nous avons rencontré Alexandre Perrault début janvier).

Février 2017 : demande de transfert

Dès que le permis sera donné, les pharmaciens pourront entamer la seconde étape, à savoir la demande de transfert et de fusion des licences à l’ARS Nouvelle-Aquitaine. « C’est un dossier conséquent à adresser en six exemplaires et en recommandé. Nous l’avons confié à la juriste de notre comptable. Nous déléguons dès que c’est possible. Cela permet d’éviter les erreurs et les retards ». Le dossier comporte une lettre de motivation, une copie des diplômes des titulaires, le bail de la future SCI, le statut juridique… Sans retour de l’ARS dans les quatre mois, cela signifie que le transfert est refusé. La demande doit également être déposée à la préfecture. Sans réponse dans les deux mois, cela équivaut à un accord. « Une fois que nous aurons l’accord de l’ARS, normalement fin juin, nous disposons de quinze jours pour envoyer l’autorisation de transfert à l’Ordre des pharmaciens ».

Janvier 2018 : ouverture de la nouvelle pharmacie

« Dès juillet, j’espère que nous pourrons donner les premiers coups de pelleteuse ! Il faut compter environ sept mois de travaux », confie Alexandre Perrault. Quant aux pharmacies actuelles, elles seront fermées à l’ouverture de la nouvelle pharmacie, estimée début 2018.
Au total, il aura fallu beaucoup de patience, d’énergie et de ténacité pour donner vie à ce projet. « Nous sommes passés par tous les états, de l’enthousiasme à la profonde démotivation. Les délais pour obtenir les autorisations sont longs et il n’y a rien à faire qu’à attendre ». Pourtant, Alexandre Perrault a su mettre à profit ces moments plus calmes pour continuer à avancer sur d’autres aspects, financier notamment : « Nous avons déjà présenté le projet et notre conseiller nous a donné un accord verbal. Cependant, comme les propositions de conditions d’emprunts ne sont garanties qu’un mois, nous nous rencontrerons à nouveau dès réception du permis de construire ».

Un constat : des locaux trop petits et inadaptés

Malgré les travaux, la pharmacie du Centre s’est rapidement avérée trop petite. « L’équipe se compose de six personnes, dont deux adjoints et trois préparatrices. C’est de plus en plus difficile de travailler avec un back-office de 12 m² ». D’autant plus que l’activité de la pharmacie s’est développée sous l’impulsion de ses jeunes titulaires.
En avril 2014, Aurélie Perrault devient titulaire de l’autre pharmacie de la commune, la pharmacie des Varennes, située dans la zone commerciale du village. « Tout s’est passé assez vite. Nous n’avions pas prévu ce rachat mais quand le titulaire, qui partait à la retraite, nous a proposé d’en discuter, nous avons saisi cette opportunité ». Créée dans les années 80, cette pharmacie draine notamment la population des villages alentours.

 Ces bâtiments, positionnés en forme de cercle, accueilleront la pharmacie, l’opticien, un premier cabinet infirmier, un podologue, les kinésithérapeutes, les dentistes et un second cabinet infirmier

Plan de masse

Un nouveau réaménagement ou un transfert ?

Rapidement, les titulaires ont dû prendre une décision : réaménager leurs pharmacies respectives ou transférer. Concernant la pharmacie du Centre, le bâtiment est très vétuste et il n’est plus adapté à l’exercice de la pharmacie d’aujourd’hui… encore moins de demain. « Il est nécessaire aujourd’hui de penser l’officine dans sa globalité, qu’il s’agisse du bâtiment et de la façon d’exercer », commente Alexandre Perrault. « En outre, en prenant l’option travaux, nous choisissions de continuer à exercer en parallèle, dans la même commune. Actuellement, bien que les officines soient distinctes, nous travaillons en étroite collaboration, notamment pour les commandes. Alors, pourquoi ne pas poursuivre cette collaboration sur un site unique et dans un bâtiment confortable et approprié ? ». La fusion des officines était enclenchée. Restait à trouver le futur emplacement.

Une idée fédératrice : la commune adhère et voit plus grand

Tandis que l’idée de transfert et de fusion a germé dans l’esprit des titulaires, Aurélie Perrault présente ce projet de façon informelle au maire de la commune, Jean-Claude Godineau (octobre 2014). Également conseiller départemental et président de la communauté de communes, Jean-Claude Godineau est enthousiaste car il voit dès lors une opportunité pour conserver l’offre médicale à Saint-Savinien. La municipalité évoque le Champ de Foire. Cet espace vert d’un demi-hectare bordé de tilleuls se situe exactement entre les deux pharmacies actuelles, à proximité de la majestueuse abbaye des Augustins, le long de l’avenue de la Gare. Le bureau de poste, ainsi qu’un bar-restaurant, s’y trouvent déjà. Les établissements scolaires sont situés juste à côté.
Sous l’impulsion de la municipalité, le projet, initié par les pharmaciens, prend une autre dimension. Une réunion est organisée avec les autres professionnels de santé en décembre 2014. La mairie souhaite un regroupement de l’offre sanitaire sur un même site, une sorte de « village médical ». Ça tombe bien. Les dentistes savinois avaient déjà émis leur intention de se déplacer. Les autres professionnels de santé sont enthousiastes, à l’exception des médecins. La mairie prend acte et demande un permis d’aménagement du lotissement. Le début des travaux est prévu au premier trimestre 2017, avec la mise en place du tout-à-l’égout (les premiers forages ont débuté la semaine qui a suivi l’interview d’Alexandre et Aurélie Perrault, en janvier 2017).
Malgré l’appui de la mairie, Alexandre Perrault conserve sa lucidité : « C’est tout de même un coup de poker de réaliser ce projet. La situation médicale reste fragile et deux médecins sur les quatre ont prévu leur départ en retraite dans les prochains mois ». Cependant, il reste déterminé et optimiste : « La création de ce village entièrement dédié à la santé sera sans aucun doute un atout pour accueillir de nouveaux médecins ».
Au total, six bâtiments sont prévus, qui accueilleront les différents professionnels de santé participant à l’aventure : « Nous achetons chacun notre terrain. Même si certains d’entre nous ont fait appel au même architecte, nous restons tous indépendants dans nos choix ». Ces bâtiments, positionnés en forme de cercle, accueilleront la pharmacie, à l’entrée du lotissement et en face du bureau de poste actuel, l’opticien, un premier cabinet infirmier, un podologue, les kinésithérapeutes, les dentistes et un second cabinet infirmier.

Dans la peau du futur client/patient

Si le plan de la future pharmacie est arrêté, le choix de l’agenceur ne l’est pas encore. Néanmoins, les titulaires ont déjà une idée précise de leur nouvel espace officinal.
Onze places de parking sont prévues, plus un arrêt minute (qui existe déjà sur l’avenue). L’entrée sera en face de La Poste.
Pour l’espace de vente, une superficie de 150 m² est prévue. La hauteur sous plafond sera de 3 mètres à l’entrée et de 7 mètres au niveau des comptoirs. À droite de l’entrée, un show-room orthopédie sera installé, d’environ 20 m². Le local d’essayage y trouvera naturellement sa place. « Nous prévoyons d’y placer une tablette numérique pour consulter le catalogue produits, ainsi qu’un poste informatique ».
Treize mètres séparent l’entrée des six comptoirs. « Étant donné la profondeur de la pharmacie, nous réfléchissons à un comptoir supplémentaire à l’entrée de la pharmacie, qui serait à la fois un poste d’accueil et de service rapide (pour les manquants par exemple) ». La mise en place d’un espace click-and-collect est également en réflexion.
Près des comptoirs, l’espace de confidentialité de 10 m² permettra de développer de nouveaux services aux patients.
Le back-office devrait s’étaler sur environ 100 m², avec un sas de livraison de 16 m². « Nous voulons un espace simple, doté de grands plans de travail pour faciliter le déballage des commandes ». Quant au robot, les titulaires y pensent mais peut-être dans un deuxième temps.
Au-dessus de la partie antérieure du front-office, un étage accueillera la salle pour le personnel, un vestiaire et le studio de garde. Le préparatoire sera également installé à ce niveau. Un second étage est prévu au-dessus du back-office, pour accueillir une réserve et le bureau des pharmaciens.

Contexte sanitaire : l’offre de santé à Saint-Savinien

Saint-Savinien-sur-Charente est une commune de Charente-Maritime qui compte 2577 habitants, avec une population qui augmente depuis dix ans. Saint-Savinien a su tirer profit du cadre naturel, notamment la Charente, et de son patrimoine saintongeais pour développer le secteur touristique. La ville est dotée d’une école maternelle, d’une école élémentaire et d’un collège. Concernant l’offre sanitaire, la commune compte actuellement quatre médecins, deux pharmacies, deux kinésithérapeutes, cinq infirmiers, deux dentistes, un ostéopathe, un pédicure-podologue, un opticien et deux vétérinaires.
Les pharmacies les plus proches sont situées à Taillebourg (6 km) et à Tonnay-Boutonne (10 km).