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« Reload My Pharmacy »

Pharmaciens et étudiants en design
co-construisent

Comment de jeunes étudiants en design, complètement extérieurs au secteur de la pharmacie, s’imaginent-ils l’officine idéale ? C’est la question à laquelle répond chaque année le concours «  Reload My Pharmacy  ». Mathilde Floc’h et Justine Goujon, les lauréates de la dernière édition, nous présentent leur projet. Un projet à la fois esthétique et réaliste.

Miniature de l'article

Lorsque leurs enseignants leur proposent de participer au concours « Reload My Pharmacy », Mathilde Floc’h et Justine Goujon, étudiantes en première année de master à l’ENSAAMA (École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art), connaissent l’univers de la pharmacie en tant qu’utilisatrices occasionnelles.
Elles ne s’imaginent pas en être les lauréates quelques mois plus tard. « Lors de la présentation du concours « Reload My Pharmacy », notre première réaction a été de se dire que la tâche était énorme, car il fallait tout prendre en compte  : le design de l’espace, mais aussi la relation client, la communication… », se souviennent les deux étudiantes. « Mais finalement, c’est ce qui a fait tout l’intérêt du projet ! ».

Un cahier des charges alliant design et fonctionnalité

Deux écoles de design ont participé à cette édition du concours et ont présenté chacune plusieurs groupes (6 pour L’ENSAAMA). Chacun d’eux a travaillé sur un cas concret – une pharmacie qui souhaite se transformer – en collaboration étroite avec les titulaires et l’équipe officinale. « Nous nous sommes rendues sur place, pour bien appréhender la situation de l’officine. Nous avons rencontré les pharmaciens qui nous ont fait part des points forts et points faibles de leur pharmacie ainsi que de leurs envies ». Sur la base de leur constat et de ces échanges, elles établissent un cahier des charges sur lequel s’appuiera leur projet. « Nous avons travaillé le design global et, parallèlement, nous nous sommes attachées à résoudre chaque problématique », expliquent Mathilde et Justine.

Le préparatoire est directement visible depuis la rue pour interpeller et mettre en avant, dès l’extérieur, les compétences de la pharmacie

La pharmacie de demain

Lieu de vie en phase avec les préoccupations actuelles, la pharmacie « Essentiel » est attentive à son impact environnemental et limite sa production d’emballage.

Atmosphère chaleureuse et transparence

Au premier regard sur les maquettes, les matériaux donnent le ton. Le bois très présent apporte de la chaleur, tandis que le métal noir mat renforce le côté design et actuel. Des touches de couleur apportent du dynamisme.
Les jeunes designers ont également beaucoup utilisé le verre pour renforcer la transparence et donner l’envie d’entrer. « Nous avons nommé notre projet “Essentiel” car nous souhaitions que l’essentiel du métier du pharmacien – le savoir-faire et les expertises – soit directement perceptible par les passants et les clients ».

Un parcours balisé dès l’entrée

La pharmacie dispose d’une clientèle familiale très fidèle, il fallait donc que l’espace soit pensé pour tous mais aussi compréhensible par tous. Un lieu où santé et bien-être se côtoient, qui répond aussi bien à l’achat plaisir qu’au besoin d’expertise pharmaceutique et surtout qui valorise la relation humaine. «Tout au long du parcours shopper, les sens sont en éveil. La vue avec le préparatoire, l’odorat avec la discussion d’huiles essentielles,
le toucher avec le coin testeur pour la dermopharmacie et les produits naturels…
», précise Mathilde Floc’h.
« Nous avons également imaginé un balisage très visuel et graphique avec des pictogrammes positionnés directement au sol qui guident les clients dans l’espace de vente. L’espace de confidentialité, visible depuis l’entrée, mentionne tous les services développés par l’équipe officinale», ajoute Justine Goujon. « Essentiel » soigne également l’accueil des personnes âgées (cf. visuel) et des enfants avec un espace dédié avec écrans où les jeux proposés sont évidemment en lien avec la santé !

Un poste assis permet de prendre en charge les personnes qui le requièrent avec confort.

Concours « Reload My Pharmacy »


Créé en 2011, par L’Oréal Cosmétique Active, le concours « Reload My Pharmacy » vise à faire plancher des étudiants en études supérieures de design sur ce que pour- rait être la pharmacie de demain. Les étudiants travaillent sur des pharmacies réelles avec pour objectif de créer un design inédit et innovant, en rupture forte avec la proposition actuelle. Proposer des idées novatrices, apporter de la diversité tout en répondant concrètement aux préoccupations actuelles des pharmaciens. Pour cette cinquième édition, les étudiants devaient être particulièrement attentifs à renforcer l’expérience consommateur, proposer de nouveaux services, améliorer l’attractivité du point de vente et réfléchir aux tendances fortes d’aujourd’hui que sont le digital et la responsabilité environnementale.

Regards croisés, le point de vue des pharmaciens

Mathilde Floc’h et Justine Goujon ont travaillé sur la pharmacie Sainte-Thérèse à Florange. Dans leur projet, elles ont réalisé une transformation complète de l’officine qui, en plus du jury, a conquis les pharmaciens et l’équipe.
Le permis de construire est actuellement instruit par la mairie.
«C’est un projet extrêmement convaincant, très vitré, très ouvert, à la manière d’un open-space. C’est magnifique! C’est réellement un espace pensé pour les patients/consommateurs, un espace qu’ils peuvent s’approprier et l’équipe s’y projette tout à fait car elle est déjà très présente dans l’espace de vente. Il n’y a plus de barrière entre les patients et l’équipe. De plus, ce projet n’est pas qu’esthétique, il est également réaliste et fonctionnel, ce qui a sans doute contribué à convaincre le jury. Nous avions, par exemple, une problématique d’amoncellement de cartons dans l’espace de vente lors des livraisons pour laquelle Justine et Mathilde ont su nous apporter une solution », nous a confié la pharmacie Sainte-Thérèse.

Focus sur les comptoirs

Accolés, éclatés, de biais… les comptoirs ont connu plusieurs tendances et chacun à sa préférence. Mathilde et Justine ont fait le choix de comptoirs éclatés, pour plus de confidentialité et cylindriques, pour une plus grande proximité. De même, pour qu’aucun élément ne fasse barrière durant l’échange, les écrans se sont effacés au profit de rétroprojecteurs tactiles «light touch». Avec cet outil, officinal et patient peuvent aisément parcourir ensemble une information, un schéma explicatif ou une vidéo de démonstration. «Dans notre projet, les outils numériques viennent faciliter la relation avec le patient», expliquent les deux étudiantes de l’ENSAAMA.