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Vitrines de demain

Les molécules géantes de la Grande Pharmacie Bailly

À Paris, la Pharmacie Bailly redonne ces lettres de noblesse à la communication en pharmacie. Il était temps.

Miniature de l'article

 Je voulais une vitrine de pharmacie.
Une vitrine qui ait une âme

Mathilde Clément, titulaire de la Grande Pharmacie Bailly

Une autre façon d’évoquer la profession pharmaceutique

Située dans le quartier de la gare Saint-Lazare (Paris 8e), la Grande Pharmacie Bailly s’est parée de nouvelles vitrines, dignes de grandes expositions culturelles. Depuis novembre, les passants y découvrent des molécules géantes, qui s’illuminent dès la tombée de la nuit. Un spectacle incroyable, inhabituel pour une pharmacie. Le choix de Mathilde Clément, la titulaire, est pourtant évident : « Nous avons la chance d’avoir des vitrines de grande dimension. Je voulais exploiter ce potentiel, pour illustrer notre métier, notre savoir-faire. On ne peut pas évoquer la pharmacie ou le médicament sans évoquer la chimie. Le fait de mettre en scène des molécules s’est imposé logiquement. Nous voulions également conserver l’esprit et la féérie de Noël, avec de belles lumières. Les molécules se prêtaient parfaitement à ce souhait ». Au total, cinq molécules sont reproduites sur les vitrines du rez-de-chaussée, dont l’ibuprofène et l’acide ascorbique, assorties d’une légende explicative. Fabriquées en carton épais, elles sont mises en lumière avec des mini-LED autocollantes. « Nous avons sélectionné des molécules simples à reproduire et très évocatrices pour les passants ». Il a fallu un mois et demi pour que le projet se concrétise. « Jusqu’à présent, les vitrines étaient recouvertes de stickers et de vitrophanie. Il a fallu les retirer et faire un grand nettoyage ». La conception et la réalisation de ces vitrines ont été confiées à David Micheli, de l’agence Cartemme. Et quand Mathilde Clément nous confie voir des passants prendre des photos ou s’arrêter pour lire les explications comme ils le feraient dans un jardin botanique, elle ne cache pas son enthousiasme.

Les passants s’arrêtent pour lire les explications ou prendre des photos.

Un choix audacieux mais réfléchi

Pour ceux qui ne la connaissent pas, la Grande Pharmacie Bailly a été créée en 1870. Plus de cent ans après, elle est devenue un vaste établissement de 300 m2 d’espace de vente, avec une équipe de 36 collaborateurs. Vu sa taille et sa localisation, faire le choix de vitrines dépourvues de produits ou d’offres promotionnelles relève-t-il de l’inconscience ? « Il y a une prise de risque si l’on se place d’un point de vue uniquement commercial. Mais je voulais une vitrine de pharmacie et non une vitrine de commerce. Une vitrine qui ait une âme. Je pense que les publicités dans les vitrines sont devenues une nuisance visuelle. Il faut redonner au consommateur l’envie de rencontrer le pharmacien et son équipe, lui redonner confiance dans nos compétences pour prendre soin de sa santé ». Pour Mathilde Clément, les choses sont claires : « On peut être une pharmacie à flux important sans rogner sur la qualité, en termes de service et d’accompagnement. J’ose imaginer que c’est l’avenir de notre métier. En tout cas, j’ai envie d’y croire ». En somme, ces vitrines d’un nouveau genre illustrent l’engagement quotidien de l’équipe officinale pour les clients et les patients. « Avec mon équipe, nous mettons tout en œuvre pour être irréprochables et pour satisfaire ceux qui entrent nous demander conseil. En cohérence avec les vitrines, nous essayons petit à petit d’épurer l’intérieur de l’officine, de nous affranchir de l’aspect commercial ».

 

La voie est ouverte

Après cette première expérience réussie, Mathilde Clément a d’autres projets en tête, ambitieux comme toujours. « L’exposition des molécules est temporaire. Dans quelques mois, nous changerons les vitrines. Il faudra alors trouver une autre idée, une autre thématique mais toujours avec cette volonté de valoriser le métier. Pour les vitrines de l’étage, en revanche, nous avons opté pour des réalisations fixes, illustrant des thématiques de santé. Une grosse brosse à dents pour la santé bucco-dentaire, un cœur avec un ECG… Enfin, notre site Internet doit aussi évoluer pour être en cohérence avec le message véhiculé dans nos vitrines physiques et pour que la pharmacie Bailly soit une référence de qualité ». C’est sûr, l’initiative de Mathilde Clément fera des adeptes et bouleversera les codes de la communication en vitrine.

Vitrines et déontologie
(article R4235-59 du Code de la santé publique)

« Les vitrines des officines et les emplacements aménagés pour être visibles de l’extérieur ne peuvent servir à présenter que les activités dont l’exercice en pharmacie est licite. Sous réserve de la réglementation en vigueur en matière de concurrence et de publicité et des obligations légales en matière d’information sur les prix pratiqués, ces vitrines et emplacements ne sauraient être utilisés aux fins de solliciter la clientèle par des procédés et moyens contraires à la dignité de la profession ».